GPO
Ministère de la Culture, de l’Education et des Arts
Ministre : Jouan-Nouvé MABELLY (Provence)
Secrétaire ministériel : Celina BEC (Education ; Languedoc)
Allocution de Monsieur le Ministre de la Culture, de l’Education et des Arts.
Monsieur le Président
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs,
Nissarts, Alpins, Occitans d‘aicí e d’alhors, A toutes celles et ceux
de Nice, des Alps, d’Occitanie
La langue occitane est encore et toujours menacée. Malgré sa
récente mention dans la Constitution française Art. 75-1 «
Les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France »
nous sommes l’avenir. La langue, qui a donné le mot "amour"
au monde francophone et la notion d’amour courtois, ne veut pas être
classée dans un musée. La langue occitane ne disparaîtra
pas. Il y aura toujours quelqu'un qui parlera, rêvera, écrira,
peindra, cuisinera et créera quelque chose de notre peuple.
Notre langue, est texte et musique des trobairitz et des troubadors d’hier
et d’aujourd’hui : Raimond Feraut d’Ilonse, Raimonde Boier de Berre, Comtessa
de Dia, jusqu’à notre prix Nobel de littérature Frederic Mistral
en Provence, Max Rouquette en Languedoc et à Nice, Menica Rondelly,
Peire Isnard, Francis Gag... Notre langue porte -encore et toujours- la parole
du peuple des Pays d’Oc, sa musique, son souffle, ses silences, ses richesses,
ses cris, ses droits, ses devoirs, ses joies, ses larmes, ses attentes sur
les chemins d’aliénation, encore et toujours, depuis des siècles
jusqu'à aujourd'hui. Ses espoirs entrevus entre les lignes, aux détours
des sentiers, dans les villes... marques et empreintes d’un territoire, d’une
culture, d’une histoire qu’on veut arrêter, qui est étouffée,
spoliée sans qu'on en reconnaisse parfois la source. Encore et toujours
vivante, résistante. Elle croît quand-même aujourd’hui
grâce au courage d’individus qui prennent sur leur vie pour soutenir
une idée réalisée en projet, calendretas, écoles
publiques bilingues, collèges-lycées, centre de formation d’enseignants,
ateliers d’Oc, friches culturelles, quartiers de villages et de villes, Universités
d’Occitanie, écoles félibréennes, Instituts d’Etudes
Occitanes, club de patois, dans les mots "dégun" prononcés
par des jeunes issus de l'immigration... Des myriades d’oeuvres ne cessent
de voir le jour, source de créations, notre langue irrigue en couleurs,
en musiques, en chansons, en théatre… irrigue le fil des jours et les
arts de vie en pays occitans.
En créant ce Gouvernement des Pays d'Oc, nous affirmons que les langues sont la parole déterminante des peuples, la voix de leur droit à la justice, à leur reconnaissance, la voie de leur développement, avec elles ils construiront leur autonomie dans la mosaïque européenne de demain. C'est ce qui fait leur âme.
En créant ce gouvernement, nous affirmons que nous mettons et mettrons
la culture au coeur de nos pays d’Oc, elle en est pulsation, tempo, flambeau,
signe, mémoire et direction d‘avenir, sur la toile des solidarités.
La musique n'est pas un besoin fondamental, comme manger ou dormir, certes,
mais que serait alors l'humanité sans musique ? Parler notre langue,
faire de la création en pays d'Oc, tout cela n'est pas fondamental,
mais que serions-nous sans cela ? Nous ne serions plus ce que nous sommes.
En Occitanie, une politique humaniste et ambitieuse digne de son histoire,
ne peut réussir que par et pour sa langue et sa culture : clefs de
son destin. Ainsi, elle en reprendra le sens et les rênes. En connaissant
l'endroit où l'on est, on se connait mieux, on connait son environnement,
les sens des noms de lieux, de personnes, des choses. On a quelque chose à
transmettre. En ayant aussi quelque chose dans sa valise, on peut mieux apporter
sa contribution aux autres, au monde, savoir qui on est en sachant comparer,
et s'enrichir des originalités.
Notre culture, notre art de vivre retrouvera son “espandi” et le rayonnement
en ayant sa place dans le futur de l’Europe.
Viva lo Nissart, viva lo Gavuòt e viva l’Occitan, lenga d’umanitat
Viva Nissa, viva las Alps, viva Occitània, terra de libertat