GPO
Ministère de l’Economie- Finances, du Commerce, de l’Industrie, de l’Artisanat, de l’Agriculture et de la Pêche
Ministre : Felip BONNET (Gascogne)
Secrétaires ministériels :
- Frantz VENES (Agriculture ; Languedoc)
- Daniel NOEL (Artisanat ; Gascogne)
Allocution de Monsieur le Ministre de l’Economie- Finances, du Commerce, de l’Industrie, de l’Artisanat, de l’Agriculture et de la Pêche.
Toulouse, le 24 Mars 2007
Monsieur le Président
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs,
Je commencerai mon allocution de Ministre de l’Economie en faisant deux rappels. Un rappel historique et un rappel étymologique. Lorsque les Barons du Nord, au 13ème siècle, c'est-à-dire les Français de l’époque, ont envahis l’Occitanie au moment de la Croisade dite des Albigeois, certains nordistes avaient une motivation religieuse : lutter contre la religion cathare. Mais la plupart de ces envahisseurs étaient animés par une motivation d’ordre économique. Cette motivation économique consistait à faire main basse sur les richesses occitanes : les plaines céréalières, les vignes, l’enjeu des ports maritimes, l’accès à la méditerranée… Ces richesses, ces ressources furent, comme on le sait, exploitées et souvent pillées. En perdant leur indépendance, les occitans perdirent leur économie florissante. Vous comprenez que mes convictions me poussent à rejeter l’injustice qui consiste à ce qu’un pays en exploite un autre, à ce qu’une nation en asservisse une autre.
Le second rappel est un retour à la définition de ministre. Le terme de « ministre » signifie étymologiquement « serviteur ». Je crains qu’on ait quelque peu oublié ce sens. C’est précisément cette fonction de service que je m’impose de remplir, en tant que Ministre de l’Economie : un service au profit de l’Occitanie et du peuple occitan dans sa totalité : chômeurs, salariés du privé ou du public, artisans, commerçants, indépendants, chefs d’entreprise. Un service afin de contribuer à améliorer le quotidien de chacun. Aujourd’hui, économie rime avec social.
Mes préoccupations premières sont :
1) l’emploi. Un véritable bras de fer va être engagé pour faire reculer le chômage. Le chômage est source d’exclusion et d’injustice pour l’individu, le chômage est une hémorragie financière pour la société.
2) Le soutien total aux petites entreprises et aux PME qui sont les locomotives de l’économie, tant en terme de création d’emplois qu’en terme de résultats a l’exportation. A cet effet nous mettons en place un arsenal de mesures pratiques et incitatives.
3) La réduction de la dette publique, véritable épée de Damoclès.
4) La valorisation tous azimuts de nos produits identitaires, locaux, régionaux et nationaux. Une des chances de l’Occitanie est sa variété géographique : 2 vallées (Garonne et Rhône) entre trois montagnes (Pyrénées, Massif Central et Alpes du Sud). Cela en fait un pays qui peut retrouver une grande prospérité dans le domaine agro-alimentaire. Nous pouvons y développer des produits d’élevage de qualité en montagne et une agriculture moderne en plaine. L’Occitanie peut développer les produits de la pêche et de la pisciculture sur ses côtes méditerranéenne et atlantique. Elle est aujourd’hui le 1er producteur de vin du monde. C’est pourquoi nous devons regrouper les vins du Sud de la France sous l’étiquette « vin des Pays d’Oc » ou « vin d’Occitanie ». Nos produits sont porteurs d’identité et de civilisation. Ils seront, sous l’étiquette « made in Occitania », nos meilleurs ambassadeurs dans le monde
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5) Le développement harmonieux et durable des zones rurales en difficultés et souvent en voie de désertification
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6) La lutte contre la délocalisation des entreprises. A cet effet, nous réfléchissons à la préparation d’un antidote à la délocalisation.
7) Enfin le thème économique le plus novateur et le plus prometteur réside dans le développement des compétences de nos régions occitanes. La nouveauté, le changement véritable auquel aspire le peuple se trouve précisément ici et non pas ailleurs. Nous nous donnons pour tâche d’obtenir un transfert de moyens entre l’Etat français et les régions occitanes, comme chez nos voisins catalans ou 50 % de l’impôt reste à la Région. C’est la condition sine qua non pour mener une politique économique porteuse de succès.
Enfin, pour conclure, je me réjouis que notre Gouvernement Provisoire Occitan ait vu le jour en 2007, pour le centenaire de la grande révolte des viticulteurs occitans de 1907. Révolte orchestrée par le charismatique Marcelin Albert dont les manifestations ont rassemblé jusqu’à un million de personnes. Aujourd’hui comme hier, l’espoir est au rendez-vous. Il est temps de prendre en main notre destin économique, garant de notre liberté.
Je vous remercie.