GPO
Ministère de l’Economie- Finances, du Commerce, de l’Industrie, de l’Artisanat, de l’Agriculture et de la Pêche
Ministre : Felip BONNET (Gascogne)
Secrétaires ministériels :
- Frantz VENES (Agriculture ; Languedoc)
- Daniel NOEL (Artisanat ; Gascogne)
Allocution de Monsieur le Ministre de l’Economie- Finances, du Commerce, de l’Industrie, de l’Artisanat, de l’Agriculture et de la Pêche.
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs,
Je
commencerai mon allocution de Ministre de l’Economie en faisant deux rappels.
Un rappel historique et un rappel étymologique. Lorsque les Barons
du Nord, au 13ème siècle, c'est-à-dire les Français
de l’époque, ont envahis l’Occitanie au moment de la Croisade dite
des Albigeois, certains nordistes avaient une motivation religieuse : lutter
contre la religion Cathare. Mais la plupart de ces envahisseurs était
animée par une motivation d’ordre économique. Cette motivation
économique consistait à faire main basse sur les richesses occitanes
: les plaines céréalières, les vignes, l’enjeu des ports
maritimes, l’accès à la méditerranée… Ces richesses,
ces ressources furent, comme on le sait, exploitées et souvent pillées.
En perdant leur indépendance, les occitans perdirent leur économie
florissante. Vous comprenez que mes convictions me poussent à rejeter
l’injustice qui consiste à ce qu’un pays en exploite un autre, à
ce qu’une nation en asservisse une autre.
Le second rappel est un retour à la définition de ministre.
Le terme de « ministre » signifie étymologiquement «
serviteur ». Je crains qu’on ait quelque peu oublié ce sens.
C’est précisément cette fonction de service que je m’impose
de remplir, en tant que Ministre de l’Economie : un service au profit de l’Occitanie
et du peuple occitan dans sa totalité : chômeurs, salariés
du privé ou du public, artisans, commerçants, indépendants,
chefs d’entreprise. Un service afin de contribuer à améliorer
le quotidien de chacun. Aujourd’hui économie rime avec social.
Je fais aujourd’hui cette allocution dans un climat économique international
encore morose comme vous n’êtes pas sans le savoir. Cette crise a fait
la preuve des excès de la mondialisation, d’où la nécessité
plus que jamais de développer une économie locale, régionale,
de proximité : une économie occitane, sans négliger les
échanges internationaux.
Mes préoccupations premières sont :
1. L’emploi : un véritable bras de fer doit être engagé
pour faire reculer le chômage. Le chômage est source d’exclusion
et d’injustice pour l’individu, le chômage est une hémorragie
financière pour la société. On se doit d’encourager toutes
les structures publiques ou privées du développement de l’emploi
du type « Société de Développement Régional
» et de façon générale toutes les sociétés
pour le développement économique qui collectent de l’épargne
populaire locale pour la réinvestir dans l’économie locale.
2. Le soutien total aux petites entreprises et aux PME qui sont les locomotives de l’économie, tant en terme de création d’emplois qu’en terme de résultats à l’exportation. A cet effet nous mettrons en place un arsenal de mesures pratiques et incitatives.
3. La réduction de la dette publique, véritable épée de Damoclès.
4. La valorisation tous azimuts de nos produits identitaires, locaux, régionaux et nationaux. Une des chances de l’Occitanie est sa variété géographique : 2 vallées (Garonne et Rhône) entre trois montagnes (Pyrénées, Massif Central et Alpes du Sud). Cela en fait un pays qui peut retrouver une grande prospérité, notamment dans le domaine agro-alimentaire. Nous pouvons y développer des produits d’élevage de qualité en montagne et une agriculture moderne en plaine. L’Occitanie peut développer les produits de la pêche et de la pisciculture sur ces côtes méditerranéenne et atlantique. Elle est aujourd’hui le 1er producteur de vin du monde. C’est pourquoi nous devons regrouper les vins du Sud de la France sous l’étiquette « Vin des Pays d’Oc » ou « vin d’Occitanie ». Nos produits sont porteurs d’identité et de civilisation. Ils seront, sous l’étiquette « made in Occitania », nos meilleurs ambassadeurs dans le monde. Ce label « made in Occitania » sera le garant de la qualité, de traçabilité et de la renommé de nos produits.
5. Le développement harmonieux et durable des zones rurales en difficultés
et souvent en voie de désertification. La revitalisation de ces zones
rurale passe par la création de « zones franches rurales ».
6. La lutte contre la délocalisation des entreprises. A cet effet, nous nous imposons de réfléchir à la préparation d’un antidote à la délocalisation et à la concurrence antisociale
7. Le développement de la formation professionnelle et la création de pôles régionaux regroupant : entreprises, centres de recherche et organismes de formation autour de projets innovants.
8. Enfin le thème économique le plus novateur et le plus prometteur réside dans le développement des compétences de nos régions occitanes. La nouveauté, le changement véritable auquel aspire le peuple se trouve précisément ici et non pas ailleurs. Nous nous donnons pour tâche d’obtenir un transfert de moyens de l’Etat français vers les régions occitanes, comme chez nos voisins catalans ou 50% de l’impôt reste à la Région. L’augmentation de l’autonomie politique et économique conjuguée à la valorisation de l’identité occitane est l’un des moteurs essentiel de notre croissance économique. Beaucoup de nations l’ont déjà compris : les Basques, les Catalans, le Val d’Aran Occitan…. La formule gagnante se résume comme il suit :
Autonomie+ Identité= Développement Economique.
C’est la condition sine qua non pour mener une politique économique occitane porteuse de succès.
Enfin pour conclure, je me réjouis
que notre Gouvernement Provisoire Occitan ait vu le jour en 2007, pour le
centenaire de la grande révolte des viticulteurs occitans de 1907.
Révolte orchestrée par le charismatique Marcelin Albert dont
les manifestations ont rassemblé jusqu’à un million de personnes.
On remanie aujourd’hui en 2009 ce GPO, dans un contexte économique
difficile, sur fond de grève du lait, notamment grève en partie
suspendue dans l’attente d’accords multipartites. Il est clair que la question
économique peut faire ou défaire notre bonheur. Chacun se doit
de bâtir le pays occitan. Aujourd’hui comme hier, l’espoir est au rendez-vous.
Il est temps de prendre en main notre destin économique, garant de
notre liberté.
Je vous remercie.