Texte d’annonce du Gouvernement Provisoire Occitan pour la République Fédérale et Démocratique des Pays d’Oc

 

Allocution de Monsieur REVEST, Premier Ministre du Govern Provisòri per la Republica Federala e Democratica dels Païses d’Òc.

Marseille le 26 avril 2007

 

Sénher President, Monsieur le Président,

Dòmnas e Sénhers Ministres, Mesdames et Messieurs les Ministres,

Dòmnas e Sénhers, Mesdames et Messieurs,

 

Réunis ce jeudi 26 avril 2007 à Marseille, première ville des Pays d’Oc en population et en renommée, nous proclamons aujourd’hui l’existence d’un Gouvernement Provisoire pour une République Fédérale et Démocratique des Pays d’Oc. Il s’agit pour nous d’un acte important pour faire reconnaître aux yeux du monde l’existence d’une nation occitane.

Il aurait été plus facile de continuer indéfiniment à attendre quelques gestes de réparation historique de la part des Etats-Nations qui nous gouvernent. Il est plus facile d’être gouverné que de se gouverner. Il nous a fallu braver la honte de soi, l’esprit de soumission qui règne dans les Pays d’Oc depuis de longs siècles pour se lancer dans cette aventure et annoncer clairement que les Pays d’Oc peuvent et doit devenir autonomes dans l’espace européen des Peuples et des Eurorégions qui se construit. Ce geste hautement symbolique sera ressenti diversement par tous ceux qui réfléchissent un tant soi peu à l’avenir des Pays d’Oc. Nous savons que nous allons rencontrer l’hostilité de personnes ou d’organismes qui ne veulent d’aucun gouvernement et qui vivent des aides des Etats. Nous allons surtout faire face aux forces politiques en place qui se partagent le pouvoir à Paris, à Rome et à Madrid puisque l’Occitanie est à cheval sur ces trois Etats. Nous savons qu’il ne faudra compter que sur nous-mêmes et sur le peuple occitan selon la formule célèbre : « Aide-toi et le ciel t’aidera ».

Il s’agit pour nous, de redonner la parole au peuple provençal, à tout le peuple d’Oc, car certains auraient souhaité que nous la perdions à jamais. Il s’agit de redonner espoir à notre Peuple en la démocratie, de lui redonner sa culture, ses repères, sa terre, sa dignité, de redonner du sens à sa vie et à celle des générations futures.

L’Occitanie existe dans la mémoire des hommes, par sa langue, par sa culture. Nous résistons et résisterons au rouleau compresseur du centralisme. Un peuple existe à partir du moment, où, se constituent pour l'ensemble de ses citoyens des aires de solidarité, la langue constitue une de ces aires de solidarité spécifiques. C’est pourquoi nier l'existence du Peuple Occitan, de sa langue, de son histoire, et de sa culture relève quasiment du délit de négationnisme devant la Cour Européenne de Justice, et le Tribunal International des Peuples. De même, nous n'approuvons pas le qualificatif de "communautarisme" lorsqu'il s'agit de défendre la langue d'oc, la francophonie ou toute autre langue dans le monde. Nous serons à la fois attentifs, et très vigilants sur ce point.

Aujourd’hui les nations ne se définissent plus comme le produit d’une volonté de puissance. Elles existent parce qu’elles ont une culture qui se manifeste par une langue indigène spécifique. De même qu’il y a une Espagne parce qu’il y a une langue espagnole, une nation italienne parce qu’il y a une langue italienne, une nation française par ce qu’il y a une langue française, il y a une nation occitane parce qu’il y a une langue occitane toujours vivante même si celle-ci est menacée. Certaines nations ont leur Etat, d’autres non. L’Occitanie, quant à elle, est la plus grande nation sans Etat d’Europe. Elle comprend le tiers sud de l’Etat français, 12 vallées alpines du Piémont en Italie, sans oublier le Val d’Aran en Espagne. Ce territoire situé entre les Alpes du Sud et l’Océan Atlantique comprend près de 14 millions d’habitants. Dans l’Etat français, il est subdivisé en six régions programmes Provence-Alpes-Côte d’Azur, Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées, Aquitaine, Limousin, Auvergne et une région à créer avec Drôme-Ardèche.

Face aux Etats jacobins qui exercent sur l’Occitanie une exploitation économique sans grand retour, et une tentative de plus en plus insupportable de génocide culturel, nous appelons la population de Provence à reconnaître et à soutenir ce gouvernement provisoire.

Nous en appelons aux chefs d’entreprises excédés par la pression fiscale que leur infligent les Etats centraux.

Nous en appelons aux petits propriétaires, commerçants, agriculteurs, artisans et professions libérales menacés par les grands groupes financiers. Ce gouvernement sera à leur côté pour les protéger et les encourager dans leurs productions et leur travail.

Nous en appelons à tous les salariés menacés par le chômage et les délocalisations.

Nous en appelons aux fonctionnaires territoriaux désireux eux aussi de vivre au pays. Ils verront dans un pouvoir occitan fédéral un champ d’actions et de promotions nouvelles.

Ces forces constituent une majorité sociologique qui peut et doit se prononcer pour notre gouvernement.

Il est une minorité intellectuelle qui peut apporter un soutien efficace, ce sont toutes celles et tous ceux qui sont attachés à la langue des Pays d’Oc et qui ont conscience que seul un pouvoir d’Etat peut redonner sa dignité à leur langue, à leur histoire et à leur culture en général. Ils sont une infime minorité, mais en tant qu’intellectuels leur influence peut être importante et décisive.

Ce gouvernement sera peut-être ressenti par les jacobins de l’Etat français en particulier, comme une affaire des ennemis de la France. La France était il n’y a pas si longtemps de ça, la seconde puissance coloniale du monde après l’Angleterre. Tous les peuples qui ont quelque mauvais souvenir de cette période coloniale verront probablement avec sympathie notre combat occitan pour la liberté.

Plus près de nous, les Etats européens verront dans l’émancipation de l’Occitanie prônée par ce gouvernement, un pas décisif vers la fin d’un complexe de supériorité et d’un impérialisme français fauteur de tant de guerres inutiles en Europe. La renaissance des nations en Europe de l’est basé sur la conception linguistique de la nation les rend a priori favorable à une Occitanie libre et à une Europe plus juste et plus égalitaire entre les nations qui la composent.

A nos portes, en Europe de l’ouest, Basques, Corses et Catalans ne peuvent voir dans ce gouvernement provisoire Occitan qu’un encouragement dans leur combat national. De même pour les autres minorités ethniques de l’Etat français (Alsaciens, Flamands ou Bretons). De même pour les peuples d’outre-mer.

La France n’aurait jamais dû cesser d’être une nation comme les autres débarrassée de ses oripeaux  impérialistes.

Si l’on en croit la formule selon laquelle « un peuple qui en opprime un autre n’est pas un peuple libre », on peut penser que les français proprement dits, ceux du Nord, peuvent aussi se révolter contre une bureaucratie parisienne. Ils pourraient un jour prochain trouver intérêt à la limiter en faisant de la France du Nord un pays fédéral.

Ce gouvernement provisoire a un potentiel de soutien non négligeable tant en Occitanie qu’à l’extérieur. Il nous appartiendra ensuite de passer du provisoire au réel.

 

Comment y arriver ?

Nous bénéficions d’un système plus ou moins démocratique qui nous interdit toute forme de violence. A nous de l’investir. C’est à chaque niveau de pouvoir, commune, communautés de communes ou d’agglomérations, départements, régions, Etat central, parlement européen, que nous interviendrons.

Parallèlement les compétences de ces pouvoirs en cascade évoluent. Les communautés de communes ou d’agglomérations d’une part et, les Régions d’autre part, ont des compétences qui vont s’accroître au dépend des départements et de l’Etat central. De dévolution en dévolution, il est à prévoir que nos grandes villes et les Régions Programmes qui constituent les Pays d’Oc vont devenir des sortes de mini Etats sur le modèle allemand, écossais ou catalan.

Une partie du travail de notre gouvernement provisoire sera de fédérer à la fois les autonomies urbaines et les autonomies régionales. Marseille et la Provence, porte-drapeau des Pays d’Oc, région où est né le Félibrige, région du prix Nobel de Littérature 1904 Frédéric Mistral ont un rôle de fer de lance dans la renaissance des Pays d’Oc.

Ainsi peu à peu, en entrant dans le jeu des réalisations, notre gouvernement pourra entrer dans les faits, fort d’une reconnaissance venant de l’intérieur comme de l’extérieur.

Je salue le courage de celles et ceux qui vont m’accompagner dans cette merveilleuse aventure au service du peuple occitan et au-delà de tous les peuples du monde qui aspirent à leur liberté.

Viva la Republica Federala e Democratica Occitana. Occitània viva !

Vos rengràcio. Je vous remercie.